Jusqu’à quel stade de votre entreprise est-il intéressant d’avoir des freelances ?

Ca y est, votre entreprise décolle et vous êtes sous l’eau. Vous avez même tellement de travail que vous avez pris la décision d’embaucher une ressource supplémentaire. À ce stade, deux grandes options s’offrent à vous : freelance ou CDI. Voyons en détail chaque possibilité.

Option freelance: simplicité et disponibilité quasi-immédiate

Le modèle du freelance (indépendant ou prestataire en bon français) est très simple: les deux parties se mettent d’accord sur un tarif à la journée, le freelance travaille n jours, l’entreprise paye TJM x n €. Quant à la disponibilité, il suffit de se rendre sur l’une des nombreuses places de marché dédiées pour trouver son bonheur. Il existe des plateformes dédiées à chaque profession, si vous êtes dans l’informatique, vous gagnerez à vous tourner vers une plateforme de freelance ITIL.

Évidemment, cette souplesse a un coût: le tarif à la journée, toutes choses égales par ailleurs, est quasiment le double de celui d’un salarié. A long terme, c’est donc une solution qui peut devenir très onéreuse. Mais lorsqu’une entreprise doit faire face à un pic d’activité ou ne sait pas trop si ses commandes perdureront, c’est l’option à privilégier.

Points à retenir:

  • En cas de baisse d’activité ou de conflit, le contrat est plus facile à annuler qu’un CDI et il n’y a pas d’indemnités à négocier.
  • Faire appel à un freelance n’exige aucune démarche administrative (URSSAF entre autres).
  • Un freelance est en général disponible très rapidement (il n’est pas soumis à une période de préavis).

Important

Légalement, un freelance reste maître de la propriété intellectuelle (PI) de la prestation effectuée et il a donc la possibilité de réutiliser, chez un concurrent, ce qu’il a fait chez vous. Il peut donc être bon de lui faire signer une clause de cession de la PI (voir ici par exemple).

Option CDI: confiance dans le long terme

La deuxième option à disposition consiste à faire le pari du long terme et à embaucher en CDI. Plus risquée à première vue, elle dispose cependant du garde-fou de la période d’essai (pouvant aller jusqu’à huit mois pour un cadre) et elle est bien plus économique que l’appel à un freelance. Attention cependant, un salarié, s’il est déjà en fonction, n’est pas forcément disponible immédiatement et il peut se passer, selon les cas, plusieurs semaines avant qu’il ne puisse quitter son précédent employeur.

Points à retenir :

  • Contrairement à une idée répandue, une entreprise est valorisée par son nombre de salariés en CDI, car cela traduit un gage de pérennité et de confiance en l’avenir. Cet aspect peut être important à prendre en compte pour les sociétés cherchant à lever des fonds (c’est un vrai message envoyé à des investisseurs éventuels).
  • Alors qu’un freelance peut partir à tout moment, un salarié doit respecter un préavis avant de pouvoir quitter l’entreprise. Cela peut se révéler bien utile pour ne pas se retrouver le bec dans l’eau du jour au lendemain.

Comment choisir ?

Comme souvent, la réponse va dépendre du contexte : l’entreprise est-elle sur une croissance forte ? À-t-elle assez de travail pour occuper un emploi à temps plein ? Le pic d’activité est-il durable ?

Au final, la meilleure option consistera sans doute en une version hybride: dans un premier temps, prendre un freelance pour confirmer la viabilité du poste (ce n’est pas très engageant) puis, si l’hypothèse se vérifie, embaucher un salarié. Il y aura de toute façon toujours une part de risque, mais c’est le propre de l’entrepreneuriat. Cela dit, une règle communément admise assure qu’un freelance employé depuis plus de trois mois peut être converti en CDI.

Important

Que ce soit un freelance ou un salarié, une embauche n’est jamais à prendre à la légère. Le CV aide évidemment à qualifier la personne mais le mieux reste encore de prendre des références auprès des anciens clients (pour un freelance) ou de ses anciens employeurs (pour un salarié).