Vérifier un numéro de TVA intracommunautaire se joue en deux temps : contrôler sa structure, puis interroger la base VIES de la Commission européenne. La structure se contrôle sans aucune connexion, car chaque État membre impose un gabarit précis et la France y ajoute une clé à deux chiffres calculée à partir du SIREN. Un numéro mal formé ne ressortira jamais valide dans VIES, autant le repérer immédiatement. Le validateur ci-dessous applique les deux contrôles de structure avant de vous envoyer sur le portail européen.
Validateur de numéro de TVA intracommunautaire
Contrôlez la structure d'un numéro dans les 27 pays de l'Union et en Irlande du Nord, et pour la France recalculez la clé à deux chiffres à partir du SIREN. Saisissez un SIREN français seul pour reconstituer le numéro complet.
Collez un numéro puis lancez la vérification, le détail s'affiche ici.
Contrôle de structure effectué dans votre navigateur, aucune donnée n'est envoyée. Une structure correcte ne prouve pas que le numéro est actif : confirmez-le ensuite dans VIES.
Comment se construit un numéro de TVA intracommunautaire ?

Un numéro de TVA intracommunautaire n’est pas une suite de chiffres tirée au hasard. Il se lit toujours de la même façon : un préfixe pays, puis un identifiant national dont la longueur et la nature varient d’un État à l’autre.
Le préfixe pays, deux lettres qui ne suivent pas toujours le code ISO
Les deux premières lettres désignent l’État membre qui a attribué le numéro. Dans la quasi-totalité des cas, elles correspondent au code ISO du pays : FR pour la France, BE pour la Belgique, DE pour l’Allemagne.
Deux exceptions valent la peine d’être mémorisées. La Grèce utilise EL et non GR, un héritage de la translittération du grec. Depuis le Brexit, l’Irlande du Nord dispose de son propre préfixe XI pour les échanges de biens, distinct du GB britannique.
La clé française se recalcule à partir du SIREN
Le numéro français se compose de FR, d’une clé de deux caractères, puis des neuf chiffres du SIREN de l’entreprise, comme le rappelle la fiche officielle sur le numéro de TVA intracommunautaire. Cette clé n’est pas arbitraire : elle se déduit du SIREN par une formule publique.
Clé française = (12 + 3 x (SIREN modulo 97)) modulo 97
Prenons un cas réel et vérifiable. Le SIREN de LVMH est 775670417, son reste dans la division par 97 vaut 23, donc la clé vaut 12 + 3 x 23 = 81. Le numéro complet est FR81775670417, et il ressort bien actif dans VIES au nom de la société.
Vous tenez là un contrôle instantané et hors ligne. Si la clé lue ne correspond pas au SIREN, un caractère a été mal recopié quelque part, et aucune interrogation de VIES ne sauvera ce numéro.
Le SIREN porte lui aussi une clé de contrôle
Le SIREN obéit de son côté à l’algorithme de Luhn, la même mécanique que les numéros de carte bancaire. On double un chiffre sur deux en partant de la deuxième position, on retranche 9 aux résultats supérieurs à 9, et la somme obtenue doit se terminer par zéro.
Ce second contrôle attrape des erreurs que la clé de TVA laisse passer, comme l’inversion de deux chiffres voisins. Le validateur affiche les deux verdicts côte à côte.
Quels formats de numéro appliquent les 27 pays de l’Union ?

Chaque administration nationale a gardé son propre gabarit. Un numéro allemand tient en neuf chiffres, un numéro suédois en douze, et certains pays glissent des lettres au milieu de la chaîne.
Le tableau des structures par pays
Voici la structure attendue après le préfixe pour les 27 États membres, telle que publiée par les services de la Commission européenne. La dernière ligne ajoute l’Irlande du Nord, qui n’est plus un État membre mais reste interrogeable dans VIES pour les biens.
| Pays et préfixe | Structure après le préfixe |
|---|---|
| Allemagne (DE) | 9 chiffres |
| Autriche (AT) | la lettre U puis 8 chiffres |
| Belgique (BE) | 10 chiffres commençant par 0 ou 1 |
| Bulgarie (BG) | 9 ou 10 chiffres |
| Chypre (CY) | 8 chiffres puis 1 lettre |
| Croatie (HR) | 11 chiffres |
| Danemark (DK) | 8 chiffres |
| Espagne (ES) | 9 caractères, lettre possible au début ou à la fin |
| Estonie (EE) | 9 chiffres |
| Finlande (FI) | 8 chiffres |
| France (FR) | clé de 2 caractères puis les 9 chiffres du SIREN |
| Grèce (EL) | 9 chiffres |
| Hongrie (HU) | 8 chiffres |
| Irlande (IE) | 8 ou 9 caractères mêlant chiffres et lettres |
| Italie (IT) | 11 chiffres |
| Lettonie (LV) | 11 chiffres |
| Lituanie (LT) | 9 ou 12 chiffres |
| Luxembourg (LU) | 8 chiffres |
| Malte (MT) | 8 chiffres |
| Pays-Bas (NL) | 9 chiffres, la lettre B, puis 2 chiffres |
| Pologne (PL) | 10 chiffres |
| Portugal (PT) | 9 chiffres |
| République tchèque (CZ) | 8, 9 ou 10 chiffres |
| Roumanie (RO) | 2 à 10 chiffres |
| Slovaquie (SK) | 10 chiffres |
| Slovénie (SI) | 8 chiffres |
| Suède (SE) | 12 chiffres |
| Irlande du Nord (XI) | 9 ou 12 chiffres, ou GD/HA suivi de 3 chiffres |
Les erreurs de saisie qui reviennent le plus souvent
Sur un fichier client un peu ancien, la moitié des rejets de VIES ne viennent pas de numéros invalides mais de saisies abîmées. Voici les cas à corriger avant toute interrogation :
- le préfixe pays manquant, parce que le client l’a retiré de sa signature de mail ;
- les espaces, points et tirets recopiés depuis un PDF de facture ;
- le préfixe GR saisi pour un client grec, alors que l’Union impose EL ;
- la lettre U oubliée en tête d’un numéro autrichien ;
- le zéro initial d’un numéro belge supprimé par un tableur qui a traité la colonne comme un nombre.
Ce dernier cas mérite une vigilance particulière si vous manipulez vos numéros dans un tableur. Les mêmes réflexes de contrôle valent d’ailleurs pour toute la chaîne documentaire, un point que nous détaillons dans notre dossier sur la dématérialisation des factures.
Que vérifie réellement VIES ?
Beaucoup d’entreprises pensent que VIES certifie l’identité d’un partenaire. Le service rend en réalité une information plus étroite, et connaître sa limite vous évite de lui faire dire ce qu’il ne dit pas.
Un moteur de recherche branché sur les bases nationales
La Commission européenne le formule sans détour sur le portail de validation VIES : ce n’est pas une base de données centrale. C’est un moteur qui interroge en temps réel les bases nationales de TVA des États membres, sans stocker les réponses.
Une réponse de VIES vous dit donc une seule chose : à cet instant précis, ce numéro est reconnu valide par l’administration fiscale de son pays pour les opérations intracommunautaires.
Le nom et l’adresse ne sont pas toujours renvoyés
Certaines administrations retournent la raison sociale et l’adresse associées au numéro, d’autres non. La Commission indique que plusieurs autorités nationales refusent de communiquer ces éléments pour des motifs de protection des données.
Vous ne pouvez donc pas compter sur VIES pour confirmer que le numéro appartient bien à la société qui vous a envoyé le bon de commande. Ce rapprochement reste à votre charge, via un extrait Kbis ou son équivalent local.
Pourquoi le service répond-il parfois indisponible ?
Puisque VIES relaie les bases nationales, il tombe dès qu’une de ces bases tombe. Le portail affiche alors un statut par pays, et il n’est pas rare qu’un ou deux États membres soient signalés indisponibles à un moment donné.
Le service impose aussi une limite de requêtes simultanées par pays. Si vous contrôlez un lot de numéros à la chaîne, espacez vos appels plutôt que de conclure trop vite à une panne générale.
Une structure valide ne prouve rien. Un numéro peut être parfaitement formé et pourtant désactivé depuis six mois.
Que risquez-vous avec un numéro invalide sur une facture ?

Le sujet quitte ici le terrain technique pour celui du portefeuille. Une livraison intracommunautaire facturée hors taxes sur la base d’un numéro invalide expose le vendeur, pas l’acheteur.
L’exonération de l’article 262 ter tombe
Pour facturer sans TVA une livraison de biens vers un autre État membre, l’administration exige que votre client dispose d’un numéro de TVA dans un pays autre que celui du départ, qu’il vous l’ait communiqué, et que vous en ayez vérifié la validité sur VIES. La facture doit porter les deux numéros et la mention « Exonération TVA, article 262 ter – I du Code général des impôts », conformément aux règles de TVA applicable aux échanges de biens dans l’Union.
Le dépôt de l’état récapitulatif de TVA fait partie du même paquet de conditions. Si l’une d’elles manque, l’exonération peut être remise en cause et la TVA française réclamée au vendeur, avec intérêts.
Pour une petite structure, ce rattrapage vient directement rogner la marge de l’opération. Le raisonnement rejoint celui que nous appliquons quand nous montrons comment calculer la marge d’un chantier : une taxe non anticipée se paie sur le résultat.
La preuve de consultation à archiver
La vérification ne vaut que si vous pouvez la produire des mois plus tard en cas de contrôle. Prenez donc l’habitude de conserver une trace datée de chaque interrogation.
Trois éléments suffisent à constituer un dossier solide :
- la capture ou le PDF de la réponse VIES, avec sa date et son horodatage ;
- le numéro de consultation délivré par le portail lorsque vous vous identifiez avec votre propre numéro de TVA ;
- l’échange écrit dans lequel le client vous a communiqué son numéro.
Combien de temps garder tout cela ? Deux durées se superposent et beaucoup de sources n’en citent qu’une. Le délai de reprise de l’administration fiscale impose six ans à compter de la dernière opération ou de la date du document (article L102 B du Livre des procédures fiscales). La pièce justificative comptable, elle, se conserve dix ans à compter de la clôture de l’exercice (article L123-22 du Code de commerce). La preuve VIES étant adossée à une facture, alignez-vous sur dix ans et vous serez couvert dans les deux cas.
Ce réflexe vaut aussi pour les entreprises qui basculent d’un régime à l’autre : les seuils et obligations liés à la TVA en micro-entreprise changent la donne dès la première opération européenne.
Questions fréquentes
Un numéro de TVA valide prouve-t-il que l’entreprise existe toujours ?
Non. VIES confirme qu’un numéro est actif pour les échanges intracommunautaires à l’instant de la requête, rien d’autre. Une société peut être en procédure collective avec un numéro encore actif, ou radiée sans que la base nationale ait été mise à jour le jour même.
Peut-on retrouver un numéro de TVA à partir d’un SIREN ?
Pour une entreprise française, oui. La clé se calcule à partir du SIREN avec la formule officielle, et le validateur en haut de page reconstitue le numéro complet dès que vous saisissez les neuf chiffres. Reste à confirmer dans VIES que ce numéro a bien été activé pour les échanges européens, ce qui n’est pas automatique pour les entreprises en franchise.
Pourquoi la Grèce utilise-t-elle le préfixe EL et non GR ?
EL vient de la translittération d’Ellas, le nom du pays en grec. Ce préfixe est antérieur à l’usage généralisé des codes ISO dans les systèmes fiscaux européens, et l’Union l’a conservé. Un numéro saisi en GR est systématiquement rejeté par VIES.
Que signifie le préfixe XI dans VIES ?
XI désigne l’Irlande du Nord. Depuis le retrait du Royaume-Uni, le protocole applicable maintient ce territoire dans le régime de TVA de l’Union pour les échanges de biens, avec son propre préfixe. Le portail VIES traite XI comme un vingt-huitième code interrogeable.
Faut-il vérifier le numéro à chaque facture ?
L’administration recommande de contrôler le numéro avant chaque transaction. Sur un client régulier, une vérification mensuelle archivée reste défendable. Sur une première commande ou sur un montant important, la consultation le jour même de la facturation est la seule position confortable.
Que faire si VIES déclare invalide un numéro qui semble correct ?
Commencez par contrôler la structure hors ligne pour écarter une faute de frappe. Si elle est bonne, le numéro existe peut-être au niveau national sans avoir été activé pour l’intracommunautaire, ou la base nationale n’a pas encore intégré une inscription récente. Demandez alors à votre client une attestation d’assujettissement délivrée par son administration fiscale, et facturez avec TVA tant que vous ne l’avez pas obtenue.
