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Société 2.0

Cocoland et Coco.fr : ce qu’est devenu le tchat gratuit en 2026

Cocoland et Coco.fr : ce qu’est devenu le tchat gratuit en 2026

Cocoland, devenu Coco.fr puis coco.gg, n’existe plus : le parquet de Paris a fermé le site le 25 juin 2024 et saisi ses serveurs. Ce tchat gratuit sans inscription était cité dans environ 23 000 procédures judiciaires entre 2021 et 2024. Son fondateur est mis en examen depuis janvier 2025. Une copie apparue en avril 2026 sous le nom Cocoland fait elle aussi l’objet d’une enquête.

Cocoland existe-t-il encore en 2026 ?

Non. Le service que vous avez peut-être connu sous le nom de Cocoland a été fermé par la justice française, et aucune version légale ne l’a remplacé. Si vous cherchez à le retrouver, voici ce qu’il est devenu.

De Cocoland à Coco.fr, puis coco.gg

Le tchat a été lancé en 2003 par Isaac Steidl. D’abord connu sous le nom de Cocoland, il s’est installé à l’adresse Coco.fr, où il proposait des salons de discussion sans inscription : un pseudo, un âge, un code postal, et vous étiez connecté en quelques secondes.

Vers 2022, le site a quitté son hébergement français pour l’adresse coco.gg, un nom de domaine rattaché à l’île de Guernesey. Juste avant sa fermeture, il attirait encore environ 778 000 visiteurs par mois selon Médiamétrie.

Ancien logo du tchat Cocoland, fermé par la justice en 2024

Ce que vous trouvez aujourd’hui à l’adresse coco.fr

Plus rien : fin octobre 2026, l’adresse ne répond plus. Méfiez-vous des sites qui se présentent comme « le nouveau Coco » ou « Cocoland officiel ». Aucun n’a de lien reconnu avec l’ancien service, et ils posent les mêmes problèmes de sécurité, voire pire.

Pourquoi la justice a fermé Coco en juin 2024 ?

Ce qui rendait le tchat si simple à utiliser est aussi ce qui l’a perdu. Pendant des années, des associations et des enquêteurs ont alerté sur ce qui se passait dans ses salons.

Un tchat sans inscription et presque sans modération

Sur Coco, personne ne vérifiait votre identité ni votre âge. Un utilisateur banni pouvait revenir sous un autre pseudo, ou payer pour retrouver son accès. Les salons privés échappaient à tout contrôle.

Le site a ainsi servi de point de contact dans des affaires très différentes :

  • des viols et des agressions sexuelles, dont l’affaire des viols de Mazan, où Dominique Pelicot recrutait des hommes sur ce tchat ;
  • des guet-apens homophobes, où des hommes étaient attirés à un faux rendez-vous puis frappés et volés ;
  • la diffusion de contenus pédocriminels et des prises de contact avec des mineurs ;
  • du trafic de stupéfiants et du proxénétisme.

Ce que disent les chiffres de l’enquête

Le dossier a été confié à la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (JUNALCO) du parquet de Paris. L’enquête a été menée par l’unité nationale cyber de la gendarmerie.

ÉlémentChiffre ou date
Procédures judiciaires qui citent le site (janvier 2021 à mai 2024)Environ 23 000
Visiteurs par mois avant la fermetureEnviron 778 000
Fermeture du site et saisie des serveurs25 juin 2024
Sommes saisiesPlus de 5 millions d’euros
Mise en examen du fondateur9 janvier 2025
Environ 23 000 procédures judiciaires en un peu plus de trois ans : c'est le nombre de dossiers dans lesquels le nom de Coco est apparu avant sa fermeture.

Que s’est-il passé depuis la fermeture ?

La fermeture n’a pas mis fin à l’affaire. L’enquête continue, et le concept a tenté de revenir sous d’autres noms.

Le fondateur mis en examen en janvier 2025

Isaac Steidl a été placé en garde à vue le 7 janvier 2025, puis mis en examen deux jours plus tard pour huit infractions, de la complicité de trafic de stupéfiants au proxénétisme aggravé. Il a été laissé libre sous contrôle judiciaire, en attendant un éventuel procès.

Le retour sous le nom Cocoland en avril 2026

À la mi-avril 2026, un site baptisé Cocoland a refait surface avec une interface quasi identique à celle de Coco. La haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, l’a signalé publiquement, et le parquet de Paris a annoncé le 28 avril 2026 l’ouverture d’une enquête, confiée à l’unité cyber de la gendarmerie.

L’avocat d’Isaac Steidl affirme que son client n’a rien à voir avec cette réouverture. Retenez surtout une chose : ce nouveau Cocoland fonctionnait comme l’ancien, sans vérification d’âge ni modération sérieuse.

178 anciens utilisateurs interpellés en 2026

Les serveurs saisis en 2024 continuent de produire des poursuites. Entre mai et juin 2026, la gendarmerie a interpellé 178 personnes soupçonnées d’avoir partagé des contenus pédocriminels sur le tchat. Les premières décisions sont tombées dès juillet 2026, avec sept peines de prison ferme et 19 placements en détention provisoire.

Comment discuter en ligne sans prendre de risques ?

L’envie qui faisait le succès de Cocoland n’a rien de suspect : parler à des inconnus qui partagent vos passions, rompre la solitude, faire des rencontres. Ce qui change tout, c’est le cadre dans lequel vous le faites.

Les signes d’un tchat à éviter

Avant de vous connecter à un service de discussion, vérifiez quelques points simples :

  • l’éditeur est identifiable, avec des mentions légales et une adresse ;
  • un bouton de signalement existe et des modérateurs y répondent ;
  • l’âge minimum est affiché et contrôlé, au moins à l’inscription ;
  • le site ne se présente pas comme le « retour » d’un service fermé par la justice.

Un premier rendez-vous avec une personne rencontrée en ligne se fixe dans un lieu public, et un proche doit savoir où vous êtes. C’est exactement ce que les victimes de guet-apens n’avaient pas pu faire.

Que faire si vous êtes témoin ou victime ?

Un contenu illicite en ligne se signale sur la plateforme Pharos du ministère de l’Intérieur. Pour une situation de harcèlement, le 3018 répond gratuitement, par téléphone ou par tchat. En cas de danger immédiat, appelez le 17.

Si l’un de vos proches est visé par des messages insistants ou des menaces, ce guide sur le cyberharcèlement chez les jeunes adultes vous aide à repérer les signaux et à réagir.