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Bougie japonaise : lire les chandeliers et repérer le marteau

Bougie japonaise : lire les chandeliers et repérer le marteau

Aussi exotiques que puissent paraître les termes bougie japonaise et chandelier japonais, il s’agit du type de représentation graphique le plus courant sur les plateformes de trading. Bien que très répandu, le graphique en chandelier requiert cependant une bonne méthodologie pour savoir repérer les figures et les interpréter. Voici ce que sont les bougies japonaises, comment elles se lisent et ce que signale la plus recherchée d’entre elles, la bougie marteau.

Définition : chandelier japonais et bougie japonaise

Un graphique en chandeliers japonais est un graphique de cours, sur une action, un indice ou une paire de devises du Forex par exemple, qui représente l’évolution d’un prix sur une période donnée. Cette période se découpe en intervalles successifs de même durée (une minute, une heure, un jour, une semaine) : chacun est dessiné par une bougie. La juxtaposition de ces bougies montre l’évolution du cours sur l’ensemble de la période.

Si l’on parle de bougies japonaises et de chandeliers japonais, c’est parce que cette représentation est née au Japon. On en attribue l’origine au négociant Munehisa Honma, qui suivait au XVIIIe siècle les cours du riz sur le marché de Dojima, à Osaka. La méthode a été popularisée en Occident au début des années 1990 par l’analyste Steve Nison.

Les trois éléments d’une bougie

Une bougie résume quatre prix de la période : l’ouverture, la clôture, le plus haut et le plus bas. Elle se compose de trois éléments :

  • le corps,
  • la mèche (ou ombre) supérieure,
  • la mèche (ou ombre) inférieure.

Le corps de la bougie est un rectangle vertical de largeur fixe, délimité par les cours d’ouverture et de clôture. Il est blanc (ou vert sur les graphiques en couleur) quand le cours a monté sur la période et noir (ou rouge) quand il a baissé. Sur une bougie haussière, la base du rectangle correspond au cours d’ouverture et son sommet au cours de clôture. Sur une bougie baissière, c’est l’inverse : le sommet est l’ouverture, la base la clôture.

La mèche supérieure est un trait fin qui relie le haut du corps au plus haut atteint pendant la période. La mèche inférieure relie le bas du corps au plus bas de la période. Une mèche longue signale donc que le prix est allé loin dans une direction avant d’être repoussé.

Bougies longues, bougies courtes et principales figures

Si la largeur du corps est fixe, sa hauteur varie. Quand les corps sont longs par rapport aux mèches, acheteurs ou vendeurs dominent nettement : le marché est tendanciel, à la hausse comme à la baisse.

Si, à l’inverse, les corps sont très courts, aucune des deux forces ne l’emporte : le marché hésite. Ces bougies à petit corps encadré de deux mèches s’appellent des toupies.

Selon la taille du corps et des mèches, et selon leur enchaînement, les bougies dessinent des figures qu’il faut savoir repérer. Parmi les plus connues :

  • le doji,
  • le marubozu,
  • le marteau,
  • le pendu,
  • le marteau inversé et l’étoile filante,
  • l’avalement,
  • la ligne pénétrante (piercing line),
  • la couverture en nuage noir (nuage sombre).

La bougie marteau : forme et signal

Le marteau est une bougie à petit corps, placé dans le haut de la fourchette de la période, avec une mèche inférieure au moins deux fois plus longue que le corps et peu ou pas de mèche supérieure. Sa couleur importe peu, même si un corps vert renforce légèrement le signal.

Ce qu’il raconte : pendant la période, les vendeurs ont fait nettement baisser le prix, puis les acheteurs l’ont ramené près de l’ouverture avant la clôture. Le marteau n’a de sens qu’après une baisse : il signale alors un possible retournement à la hausse, ou au moins un essoufflement de la pression vendeuse.

Trois règles de lecture évitent la plupart des faux signaux :

  • Le contexte : un marteau au milieu d’un marché sans tendance ne dit rien. Il compte quand il apparaît après plusieurs bougies baissières, idéalement sur un support (un ancien plus bas, une moyenne mobile).
  • La confirmation : on attend en général que la bougie suivante clôture au-dessus du corps du marteau avant d’y voir un retournement.
  • La protection : le plus bas de la mèche inférieure sert de repère naturel pour placer un ordre stop, puisqu’un passage sous ce niveau invalide le scénario.

Marteau, pendu, marteau inversé et étoile filante

La même silhouette change de nom et de sens selon l’endroit où elle apparaît :

  • Le pendu a exactement la forme du marteau, mais il se forme après une hausse : il signale que les vendeurs commencent à peser et annonce un possible retournement à la baisse.
  • Le marteau inversé a un petit corps en bas de la fourchette et une longue mèche supérieure. Après une baisse, il indique que les acheteurs ont tenté une reprise : signal haussier, à confirmer.
  • L’étoile filante a la forme du marteau inversé mais se forme après une hausse : signal baissier.

Les autres figures et leur lecture

Le doji est une bougie quasiment sans corps : cours d’ouverture et de clôture sont au même niveau ou presque. Il peut apparaître sur un marché haussier comme baissier et traduit l’indécision. Après une longue tendance, il annonce souvent une pause ou un retournement.

Le marubozu est au contraire une bougie sans mèche, marubozu signifiant chauve en japonais. Le cours a ouvert à un extrême de la période et clôturé à l’autre : un marubozu vert traduit une forte pression acheteuse, un marubozu rouge une forte pression vendeuse. Il confirme plutôt la poursuite du mouvement en cours.

L’avalement, la ligne pénétrante et le nuage sombre sont des figures à deux bougies, parmi les plus suivies sur le Forex :

  • L’avalement : le corps de la seconde bougie englobe entièrement celui de la première, de couleur opposée. Haussier après une baisse, baissier après une hausse.
  • La ligne pénétrante : après une bougie baissière, une bougie haussière ouvre plus bas puis clôture au-delà du milieu du corps précédent. Signal de retournement haussier.
  • Le nuage sombre : c’est son symétrique après une hausse, une bougie baissière ouvre plus haut puis clôture sous le milieu du corps précédent. Signal de retournement baissier.

Méthode de lecture des chandeliers

Pour tirer parti des bougies, une bonne méthode prend en compte les points suivants :

  • la taille de la bougie,
  • la relation entre les prix d’ouverture et de clôture,
  • la relation entre les mèches et le corps de la bougie,
  • la place de la bougie dans la tendance.

La hauteur de la bougie indique si le marché est tendanciel ou indécis. La longueur du corps est donc un indicateur central du price action.

La position de la clôture par rapport à l’ouverture donne le sens de la période et sa force : plus le corps est long, plus le camp gagnant a dominé.

La relation entre les mèches et le corps envoie les signaux suivants :

  • une longue mèche supérieure après une hausse : les acheteurs s’essoufflent,
  • une longue mèche inférieure après une baisse : les vendeurs s’essoufflent, un retournement devient possible.

Aucune figure ne suffit seule : les volumes échangés, les niveaux de support et de résistance et l’unité de temps choisie (une figure sur graphique journalier pèse plus qu’en une minute) servent à la confirmer.

Se former aux chandeliers japonais

Avec les chandeliers japonais, l’analyse graphique devient plus lisible. Leur maîtrise demande cependant de s’exercer à la lecture et à l’analyse des bougies.

Les bougies donnent des indications visuelles qui renseignent à la fois sur le price action et sur le sentiment de marché. Certains traders les utilisent seules, d’autres les combinent avec des indicateurs comme les moyennes mobiles ou le RSI.

On peut apprendre les figures par soi-même, mais des formations, payantes ou gratuites, facilitent l’apprentissage. Elles se complètent par un entraînement sur un compte de démonstration, pour apprendre à trader avec les bougies japonaises sans engager d’argent. Gardez en tête que le trading de produits à effet de levier, comme les CFD, fait perdre de l’argent à une large majorité de particuliers : l’Autorité des marchés financiers le rappelle régulièrement.